Il y a 5 ans sortait Resolution, production fauchée et premier long-métrage lorgnant quelque part entre la comédie mumblecore et le fantastique aux étranges ramifications lovecraftiennes, et qui nous faisait alors découvrir les premières gammes au cinéma du duo Benson-Moorhead. Quelques festivals plus tard, une participation à une anthologie d’horreur (V/H/S Viral), puis Spring, un 2ème long-métrage remarqué, là encore, pour son récit aux croisées des genres, le duo de réalisateurs californiens nous revient avec The Endless. Film étonnant, d’une liberté de ton remarquable, tutoyant l’horreur cosmique et le drame familial sans trop s’embarrasser d’explications. Des qualités remarquées puisque le film est reparti du festival avec le prix NIFFF de la critique internationale et le prix Imaging the Future du meilleur production design. Rencontre avec les deux réalisateurs.


Après Spring, vous avez été mentionnés par plusieurs gros titres comme faisant partie des réalisateurs américains les plus prometteurs, Variety vous faisait par exemple figurer parmi les 10 réalisateurs à suivre en 2015. Le film a ensuite gagné une jolie réputation et j’imagine que vous avez reçu des offres pour des projets plus conséquents depuis. Pourtant, vous revenez aujourd’hui avec The Endless, qui est une nouvelle production au budget très modeste. Pouvez-vous nous expliquer les raisons pour lesquelles vous continuez à évoluer dans ce cadre indépendant aux budgets très serrés ?

Justin Benson : Après nos deux premiers films nous avons effectivement été approchés pour travailler sur des plus gros projets et des scénarios déjà écrits sur lesquels d’autres personnes travaillaient déjà. Nous préférons travailler sur des projets que nous générons nous-mêmes. Nous avons écrit des scénarios qui étaient plus conséquents mais il faut une éternité pour les concrétiser. Comme nous ne voulions pas attendre plus longtemps et que The Endless était écrit, on savait qu’on pouvait le faire quoi qu’il arrive.

Aaron Moorhead : Oui, nous avons reçu beaucoup d’offres pour des gros films, des films qui sont d’ailleurs sortis et que vous avez certainement vus. Mais nous ne les avons pas regardés et tout se passe bien pour nous (rires). Nous sommes bien sûr disposés à jeter un œil à d’autres projets, mais premièrement je préfère travailler sur ce qu’écrit Justin et deuxièmement il faut que ce qu’on nous propose soit bon. Si tel est le cas, alors on peut le faire mais la dimension du projet qu’on nous soumet ne suffit pas, il faut qu’il soit bon.

Les petites productions indépendantes de films d’horreur ou fantastiques sont très nombreuses aujourd’hui. Comment vous positionnez-vous par rapport à cette abondance de productions et comment parvenez-vous à vous démarquer ?

J.B. : Il s’agit tout d’abord de continuer à innover avec les composantes du genre. Par exemple, il ne faut pas se contenter de faire un film de vampires, de zombies, de fantômes, un film post-apocalyptique ou une dystopie, il faut s’extraire de ces catégories et savoir se montrer plus original. Au-delà de ça, dans l’ensemble du processus, de l’écriture du scénario à la post-production, quand quelqu’un nous dit qu’il reconnaît quelque chose de familier dans notre projet, alors nous ne le faisons pas.

A.M. : Le seul véritable conseil qu’on puisse donner à quelqu’un qui cherche à faire un film c’est : « trouve ta voie ». J’entends par là qu’il faut faire quelque chose de profondément personnel et que personne d’autre ne pourrait faire. C’est difficile d’expliquer plus précisément pourquoi ou comment s’y prendre, il n’existe pas de science pour garantir l’originalité, il faut juste le faire. Maintenant que nous avons fait quelques films, je crois que nous sommes parvenus à être nous-mêmes.

Justement, comment décrivez-vous votre « patte » ?

A.M. : Certainement comme une rencontre entre Michael Bay et l’animation polonaise de années 1970 (rires). Plus sérieusement, je dirais qu’on est un peu comme les frères Coen qui feraient des films de genre. C’est du moins ce que nous aimerions faire mais les frères Coen sont des maîtres alors que nous ne sommes que des simples mortels. Nous essayons toujours de proposer quelque chose de troublant afin que le spectateur ait l’impression que le film ne s’achève pas réellement à la fin, que son atmosphère résonne encore en lui après la projection.

En parlant des frères Coen, il est toujours question d’un couple ou d’un tandem au cœur de vos trois longs-métrages. Deux amis dans Resolution, deux amants dans Spring et maintenant deux frères dans The Endless. Est-ce que cette récurrence est due au fait que vous travaillez toujours en duo ? Ou s’agit-il de l’expression de quelque chose d’autre ?

J.B. : Pratiquement tous les films s’articulent autour d’une relation centrale mais c’est vrai que généralement la relation est secondaire dans les films de genre, elle a tendance à passer après l’histoire, après la violence ou autres… Notre instinct nous dit de nous concentrer sur nos personnages. C’est pour la même raison que les décisions de nos personnages ne sont pas uniquement pensées pour servir l’intrigue, son déroulement ou le suspense. Dans les films de genre on assiste souvent à des personnages dont les actes n’ont guère de sens et permettent uniquement d’arriver à un nouvel épisode violent. Par exemple, dans les films d’horreur, les protagonistes s’enfuient toujours en criant mais il ne s’agit peut-être pas du comportement le plus humainement crédible. Nous essayons de faire en sorte que les décisions de nos personnages soient le plus humaines possible.

La famille occupe une place importante dans The Endless. Pour la première fois dans votre filmographie, le duo central est composé de deux frères, les personnages portent vos propres prénoms et le film est dédicacé à votre mère Justin. Le projet possède-t-il une dimension autobiographique ?

J.B. : Il n’y a rien de purement autobiographique non. Du moins, pas sur le papier. Ma mère est décédée cinq jours avant le début du tournage. Je pense que cet évènement a inévitablement influencé la manière avec laquelle j’apparaîs à l’écran. Donc oui, d’une manière assez étrange, il y a quelque chose d’autobiographique.

A.M. : Les noms des personnages sont Aaron et Justin mais il ne sont pas véritablement Aaron Moorhead et Justin Benson. Bien sûr, cela rend les choses un peu confuses mais ces noms sont justifiés par une autre longue et drôle histoire puisqu’ils représentent une continuité avec les deux personnages que nous incarnions dans une scène très brève de Resolution. Comme à l’époque il ne s’agissait que d’une très courte apparition, on trouvait ça drôle et facile de les faire porter nos prénoms.

Puisque nous parlons de Resolution, The Endless entretient un rapport étroit avec votre premier film et pour qui aurait vu celui-ci, le liens sont évidents. Comment vous est venue cette idée de lier les deux films ? Vous étiez-vous déjà dit, à l’époque de Resolution, que vous teniez un univers intéressant et que vous pourriez y retourner ?  

J.B. : Pour je ne sais quelles raisons, nous avons toujours été fascinés par les personnages et l’univers de Resolution. Nous trouvions tout ça très inspirant. Bien entendu, il n’y avait aucune raison de faire une suite à un minuscule film que personne n’avait vu, nous ne voulions donc pas  faire ça. Par contre, à force de parler pendant des années de cet étrange petit film nous pensions avoir encore de très bonnes idées. On s’est dit que ce serait très excitant de retourner explorer ce monde pour raconter une nouvelle histoire. D’un point de vue pratique, c’était aussi l’idéal puisque ce monde déjà construit était disponible et que personne ne pourrait nous freiner sur ce projet.

A.M. :  Tu avais dit que c’était parce que les suites rapportent toujours plus d’argent que les originaux. C’est ce que tu avais dit !

J.B. : Oui, on espère que celui-ci rapporte 25 dollars à la place de 20.

Avez-vous encore d’autres idées pour exploiter cet univers dans un troisième film ?

A.M. : Je pense que ce serait amusant de faire une série TV sur le camp. J’y vois du potentiel pour ça en tout cas. Mais à l’heure actuelle il n’y a pas de troisième film prévu. Il nous faut maintenant du temps et peut-être que nous trouverons quelque chose. Quoi qu’il arrive, il s’agira toujours d’un film qui se suffit à lui-même, et ça ne s’appellera pas The Endless 2. Ce serait plutôt de manière surprenante que le film pourrait impliquer The Endless ou Resolution, comme The Endless implique Resolution de manière surprenante.

Sauf erreur, c’est la première fois que vous citez explicitement Lovecraft avec ce carton d’ouverture. Lorsque nous avions vu Resolution au NIFFF en 2012, on se souvient que l’héritage lovecraftien semblait déjà évident, et d’autant plus avec Spring en 2015. Cette influence était consciente dès le départ ou avez-vous peu à peu pris conscience que vous vous inscriviez dans une lignée lovecraftienne ?

J.B. : The Endless est le premier de nos films que j’ai écrit en sachant qui était H.P. Lovecraft. À l’époque de Resolution je ne le connaissais pas. Quand on a tourné Spring, on savait qui était Lovecraft après avoir lu des critiques de Resolution qui le mentionnaient, mais Spring a été écrit avant la première de Resolution. C’est embarrassant mais je dois avouer qu’on ne connaissait pas Lovecraft (rires).

A.M. : C’est drôle parce que nous avons rencontré quelqu’un qui nous a dit que nos films étaient très lovecraftiens. Mais, comme nous l’avons dit plus tôt, si un élément nous rappelle trop quelque chose de connu ou de familier, on ne le fait pas, et nous aurions appréhendé le genre de travers si nous avions décidé de faire un film lovecraftien. Du coup, on a pu paraître sur la défensive en répondant que nos idées venaient de nous. Cette personne nous a répondu : « Non non, ça vient définitivement de Lovecraft ». À quoi nous avons répondu que nous n’avions jamais lu Lovecraft. Elle nous a alors expliqué que nous avions certainement lu Stephen King et ce genre d’auteurs qui ont tous lu Lovecraft. Ça ne sert à rien de s’éterniser dans ce débat, je pense qu’on peut trouver les tentacules de Lovecraft dans n’importe quel élément horrifique, si infime soit-il. C’est pratiquement impossible d’y échapper. Dès que quelqu’un est attiré par la peur de l’inconnu, comme nous le sommes, on se retrouve sur les épaules de Lovecraft.

En plus du carton d’ouverture, il y a également une référence quasi explicite à Lovecraft et à sa nouvelle La couleur tombée du ciel.

J.B. : Oui, c’est correct et c’est vraiment la première fois que j’intègre ce genre de références très claires. Il y a également une autre référence qui est tirée de Désolation de Stephen King. Il s’agit de la géniale idée de King de développer une « géologie hantée », qui affecte les animaux. Je trouvais que l’idée de King était très bonne, comme beaucoup de choses dans Désolation qui est un de ses livres les moins lus. D’ailleurs, personne n’est venu me dire « ah ça doit être de la “géologie hantée”» après avoir vu The Endless, parce que je n’ai pas repris l’idée telle quelle mais on retrouve cette même impression qu’il y a quelque chose de primordial et de naturel à la base de ce monde.

N’avez-vous du coup pas peur qu’on vous accole l’étiquette de « réalisateurs lovecraftiens » alors que, comme vous le disiez, vous essayez d’échapper aux catégories fermées ?

A.M. : Quand votre film est étiqueté « film de zombies », vous êtes plus ou moins lié aux pièges du film de zombies. Vous devez impérativement avoir des morts-vivants qui traquent des humains, ou au moins quelque chose qui s’en rapproche. « Lovecraftien », c’est juste une humeur, une ambiance. Dire d’un film qu’il est « lovecraftien » équivaut à dire d’un film qu’il est « dramatique ». Je ne pense donc pas qu’être étiquetés comme tels revient à nous enfermer ou à limiter notre travail. Il n’y a d’ailleurs aucun moment où, lors du tournage, nous nous disons « Hé, cela n’est pas lovecraftien on ne peut donc pas le faire ! » (rires). Nous sommes plutôt du genre à nous dire « Hé, c’est le moment de faire une blague idiote », je ne pense pas que Lovecraft aurait fait ça… Il n’était pas non plus réputé pour son humanisme, je pense que nos films sont plus humanistes que lui. Donc oui, notre travail présente des éléments lovecraftiens mais il ne s’agit jamais pour nous d’entrer dans un moule.

La citation sur laquelle s’ouvre The Endless évoque la peur de l’inconnu et donc par extension de l’invisible. Le choix de ne jamais montrer l’entité menaçante dans le film n’est certainement pas qu’une question de budget. Comment concevez-vous la peur dans votre cinéma ?

A.M. : Il y a au moins deux différentes sortes de peur dans le cinéma d’horreur. La première est conceptuelle et c’est dans cette direction que nous tendons. L’idée est que votre cerveau doit se sentir dans un vide mais il faut conduire le spectateur assez loin pour ça, pour qu’il puisse s’imaginer ce qu’il y a derrière le rideau. La deuxième sorte de peur est viscérale et repose sur des jump scares ou d’autres effets du genre. C’est une approche à laquelle nous ne pensons pas vraiment, sauf peut-être pour créer un moment très précis de forte tension. Je pense qu’une majorité de films d’horreur visent la peur viscérale plutôt que conceptuelle, les gens considérant généralement cette dernière comme étant cool mais pas effrayante. Ce qui est si bien avec la manière déglinguée avec laquelle travaille le cerveau de Justin, c’est que les concepts dont il accouche sont toujours clairement effrayants, parce qu’il est toujours possible de remonter les ramifications de ses idées et cela devient de plus en plus ésotérique et effrayant. C’est comme regarder le vide de l’espace.

Des exemples de films qui déploient une peur conceptuelle qui vous auraient marqués ?

J.B. : Je crois que L’Exorciste s’approche d’une très bonne peur conceptuelle. C’est intéressant car il est connu pour sa peur viscérale mais je pense vraiment que le point fort du film est sa manière de dégager une peur conceptuelle puisqu’ils ne comprennent jamais vraiment ce qui possède la petite fille. La présence d’un mystère peut provoquer une peur conceptuelle.

A.M. : Oui, comme dans The Witch.

J.B. : Oui, il n’y que quelques plans brutaux dans The Witch et le reste n’est que déploiement d’obscurité et de ténèbres. Il y a par exemple ce film sur Netflix, Manson Family Vacation qui est un film très modeste produit par la Duplass Brothers Productions. C’est juste un tout petit film et il est génial. Quand on l’a regardé on s’est dit : « On peut aussi faire ça, sans devoir compter sur qui que ce soit tellement que le budget est petit, allons donc faire un film ! » C’est ce genre d’impulsion qui nous donne envie de faire des films.

C’est drôle que vous évoquiez les frères Duplass car à l’époque de Resolution beaucoup de personnes vous associaient au mouvement Mumblecore, qui a été en partie initié par Mark et Jay Duplass et qui proposait aussi une forte écriture des personnages et des dialogues avec quelque chose d’étrange qui finissait par arriver.

A.M. : Je ne pense pas qu’on participe à un quelconque mouvement, cela ne me dérange pas qu’on nous y associe mais je n’avais pas vu ces films au moment où nous avons fait Resolution. Mais je pense qu’on peut effectivement dire que nos productions respectives sont unies par des budgets très serrés tout en restant des films efficaces. Le fait est que dans les films d’horreur les effets visuels sont très chers. Rien que les effets sanglants sont très chers, que ce soit dans l’horreur ou les films d’action. Par contre, les personnages sont gratuits. Cela ne nous coûte donc rien de les écrire de telle manière à ce que l’on se soucie de ce qui leur arrive, il suffit d’avoir une écriture et des acteurs efficaces. C’est certainement l’une des raisons qui a fait que ce mouvement a eu du succès.

À quel point est-ce difficile de financer de tels films de genre à Los Angeles ?

J.B. : C’est toujours difficile…

A.M. : Oui, heureusement nous pouvons compter sur un bon nombre de personnes avec qui nous avons déjà travaillé et sur qui nous pouvons toujours compter pour venir suer sur nos films. Produire des petits films indépendants à Los Angeles est en partie plus facile qu’ailleurs car vous êtes très vite en contact avec d’autres réalisateurs, des production designers, des cameramen, etc. Cela dit, nous avons l’habitude de trouver nos collaborateurs à Los Angeles pour ensuite partir filmer ailleurs. Tourner à Los Angeles revient à s’imposer des difficultés supplémentaires. Déjà parce que vous payez très cher les lieux de tournage, à tel point qu’il faudrait doubler le budget. Non seulement l’emplacement est déjà plus cher mais les permis de tourner aussi, et ensuite vous payez les pompiers qui surveillent le lieu de tournage au cas où quelque chose brûlerait, le policier qui doit être de piquet, etc. Les règlements pour les tournages sont déments à Los Angeles, parce qu’il y a énormément de tournages.

Dans Resolution et The Endless, les supports vidéos physiques tels que les VHS, les films analogiques, les polaroïds occupent une place importante. Non seulement les deux films s’ouvrent sur la découverte d’une cassette ou sur le visionnage d’un film sur un ordinateur mais ces médiums et leur découverte font également avancer le récit. Faut-il y voir une réflexion de votre part sur le cinéma et sa dimension matérielle ?

A.M. : Nous nous sommes effectivement posé cette question dès Resolution dans lequel apparaissent déjà ce genre de médiums. L’idée est la suivante : à part peut-être le théâtre interactif, le cinéma est certainement la forme d’art qui imite le mieux ce que ça fait d’être en vie, au sens où on approche une représentation physique de ce que nous ressentons en ce moment même. Du fait qu’il ne s’agisse que d’une représentation, une distance infranchissable et angoissante persiste quoi que l’on fasse, c’est ce qu’on appelle la « vallée dérangeante ». L’enregistrement et le revisionnage d’un événement révolu s’apparente à une apparition spectrale. C’est ce qui s’approche le plus d’un fantôme. Donc la thèse défendue revient à considérer que tous les supports enregistrés, mais surtout les vidéos analogues, fichent intrinsèquement la frousse car ils font revivre le passé.

J.B. : Il y a une chose en plus dans The Endless : cette idée d’être profondément ému par des personnes simplement en en montrant des images du passé. À plusieurs reprises dans le film vous voyez un personnage puis vous découvrez des images de lui une dizaine d’années auparavant. Dans Resolution les médiums étaient utilisés comme des éléments du scénario ou des sources de peur. Nous reprenons ces idées dans The Endless en y ajoutant une dimension émotionnelle due à la transformation causée par le vieillissement.

Comment vous répartissez-vous le travail sur vos projets communs ? Est-ce que les rôles sont très définis entre vous ou fonctionnez-vous plutôt de manière organique ?

A.M. : C’est très organique. Nous ne pouvons pas nous contenter d’inscrire « coréalisateur » au générique mais c’est ce que nous ferions si on le pouvait.

Est-ce la Directors Guild of America qui vous en empêche ?

A.M. : Non, nous ne sommes pas syndiqués c’est juste que ça ne se fait pas. Ça reviendrait à invalider tout le travail que nous ne faisons pas, par exemple ce n’est pas nous qui faisons le production design et nous avons un troisième monteur. Cela est donc normal de préciser les fonctions au générique. Mais puisque nous parlons de ce que Justin et moi faisons, je peux préciser que nous ne sommes pas toujours dans la même pièce à travailler sur la même chose, on essaye simplement de faire en sorte que ce fichu film soit fait !

J.B. : Généralement, il y a plusieurs producteurs sur un film et il y a souvent un producteur en particulier qui suit le développement du scénario et collabore à son écriture en jetant un œil à chaque version. Aaron est toujours ce producteur-là sur nos projets.

La déformation circulaire de l’image dans The Endless ressemble à ce qu’on obtient avec des objectifs anamorphiques.

A.M. Oui, c’est ce que nous avons utilisé. Nous ne pensions jamais avoir le budget pour utiliser des objectifs anamorphiques et un jour, un artiste pour lequel nous tournions un clip nous a convaincu d’investir. Depuis, on ne peut plus tourner autrement, c’est tout simplement trop beau. Ces artefacts que vous évoquez, c’est quelque chose qui est devenu étrangement important pour nous. Nous ne sommes pas pour autant devenus snobs, simplement nous en avions vraiment besoin et nous sommes très contents du résultat.

Pour finir, pouvez-vous nous dire sur quoi vous travaillez actuellement ?

J.B. : Oui, nous avons toujours environ dix projets en même temps. En ce moment, nous écrivons une série TV, nous en pitchons trois autres, nous avons un film prêt à être casté et nous avons encore un projet pour un autre film indépendant… Je crois que c’est tout.

A.M. : Tu avais aussi dit que tu voulais lancer une chaîne YouTube où tu te contenterais de vloguer, parler de mode et donner des conseils de maquillage. Personnellement je ne veux pas en faire partie, je ne sais pas pourquoi mais ce projet ne nous réunit pas (rires). J’essaie aussi de rendre les JNCO Jeans à nouveau cool.

Propos recueillis le 8 juillet 2017 par Sébastien Gerber et Thomas Gerber. Traduction par Thomas Gerber et Alexandre Rallo. Photos par Sébastien Gerber et Thomas Gerber. Remerciements à Mylène d’Aloia.

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