Locarno 2016 – Jason Bourne et la loi de l’attraction
En remplissant efficacement son cahier des charges tout en mettant à nu le squelette des blockbusters d’action, Jason Bourne frise l’expérimental et engendre une véritable fascination.
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« Je réclame le droit à la polémique ! Et de mon point de vue, je continuerai à l’appliquer. Mais c’est vrai qu’il y en a de moins en moins, parce que justement il y a de moins en moins d’esprit critique. On baigne dans une sorte de fadeur médiatique, un consensus où tout le monde dit du bien d’à peu près tout le monde, et où l’on fait de la promotion plus que de la critique…» ― Michel Ciment
En remplissant efficacement son cahier des charges tout en mettant à nu le squelette des blockbusters d’action, Jason Bourne frise l’expérimental et engendre une véritable fascination.
Fidèle à la tradition lancée par George A. Romero, le film de Colm McCarthy se veut très politique. Une orientation clairement confirmée par les propos qu’a tenus l’équipe en conférence de presse et en interview, où nous avons pu rencontrer Mike Carey, auteur du roman et de l’adaptation, la très jeune actrice Sennia Nanua et Gemma Arterton.
Agissant comme un révélateur estival, Suicide Squad donne à montrer, tant le meilleur de l’époque (les acquis socio-esthétiques irréversibles de la culture punk et hip-hop), que certains de ses aspects foncièrement déplaisants (le blanc-seing conféré à « quoi que ce soit qui nous protégera »).
Toni Erdmann cherche à ouvrir en termes d’actions disponibles les possibles d’un cinéma d’auteur souvent verrouillé, pris dans les mêmes schémas mesquins, ou simplement prévisibles. Un film en lutte contre l’étroitesse, au prix d’un occasionnel ridicule pour ses personnages.
Roland Emmerich, roi du destruction porn, emploie-t-il donc ses nombreux héros humano-américains de façon à proposer une nouvelle définition du terme ? Parvient-il à dépasser ses propres cinématiques réalisées à l’occasion du ridicule 2012 ? Fait-il encore plus insipide que San Andreas et Avengers réunis ?
Tendu mais enjoué, Three ne se limite pas à un simple exercice de style, ni à une somme d’éléments familiers. Cet examen tragi-comique d’hommes de lois prêts à contourner celle-ci pour obtenir justice n’a rien de nouveau, mais retrouve ici une certaine fraîcheur.
oin de se présenter comme un film de reconstruction psychologique, Elle va dépeindre les relations troubles entre une brochette de personnages qui correspondent tous, en apparences, à des stéréotypes du cinéma français que Verhoeven malmène avec amusement, faisant éclater les poncifs moraux qui sclérosent la production contemporaine.
Voilà presque un an et demi que The Witch, premier long-métrage de Robert Eggers, fait parler de lui. Un film d’horreur (un film de genre !) serait donc parvenu à conquérir le public de Sundance, à tel point que sa promotion était plus ou moins assurée par un bouche à oreille ne faiblissant pas ?
En évoluant, Love va œuvrer à déconstruire la charge satisfaisante qui en était attendue tout en remplissant le cahier des charges pour lequel son public a signé.
L’actualité électorale de 2016 ne manque pas de fournir du grain à moudre à la comédie américaine. Dans une web-série en théâtre filmé, autour de bières dont le prix varie à […]
The Memaid : le film le plus populaire et le plus abordable du cinéaste, mais également celui dans lequel il n’atteint aucun extrême de folie ou d’inventivité.
Dans le futur indéterminé d’une Irlande post-apocalyptique, un homme isolé s’efforce de survivre au jour le jour dans un potager auto-suffisant au cœur de la forêt. Son quotidien est bouleversé […]
Ne parvenant pas à raconter quoi que ce soit ni à dégager du sens de son récit, Iñárritu transforme ce qui aurait pu donner lieu à une grande œuvre en vulgaire démonstration.
Portlandia n’apporte guère de nouvelles encourageantes de l’état de santé de la contre-culture. Elle en offre de bien meilleures de celui de la comédie authentique.
Une épopée humaine aussi superficielle qu’universelle, où les enjeux tristement contemporains (l’appât consumériste) côtoient la dimension quasi homérique à travers laquelle Steve Jobs définit son sujet.
Pour être tout à fait franc, nous ne pensions pas écrire sur Le Réveil de la force. Pas à tout prix du moins. Peut-être parce que nous commencions à être […]