Esprit critique 0

The Love Witch : sortilèges d’un formalisme cruel

Propos clair pour héroïne tordue, palette chatoyante, sexy, pour ce qui peut se lire obliquement comme un commentaire sur l’industrie du sexe, refus de la moralisation sans balayer le bon sens, The Love Witch condense tout cela par un style à la maîtrise confondante, les allers-retours virtuoses d’une réalité fantasmatique à un cauchemar domestique implacablement croqué. Cruel, désespéré, euphorisant de brillance formelle…

Esprit critique 1

Ta’ang : une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine

Assister à une projection publique d’un nouveau Wang Bing s’avère à tous les coups une expérience sociologique en soi. Pas tant pour les signes habituels, et après tout de bonne guerre, de l’ennui (ronflements, sièges épars qui claquent) que pour ceux d’une hostilité revendiquée, de spectateurs comme outragés d’être bousculés dans un petit confort inviolable (soupirs excédés, bavardage incessant).

Esprit critique 1

Après la Tempête : Floraison Tardive

En différant une présentation du Ryota « authentique » le film perd sur un tableau autant qu’il gagne sur l’autre (produire un effet de surprise révélatrice). Non pas qu’il soit interdit, même dans un film de personnages, de reculer la vérité sur ceux-ci. Mais en disjoignant aussi sévèrement ce que l’un d’entre eux raconte de lui-même de sa réalité, l’identification à celui-ci est d’emblée rompue : ce qu’il se et nous raconte ne coïncide aucunement.