Guillermo del Toro ravive la mémoire d’un genre grandiose qui savait en dire long sur les conflits multidimensionnels parcourant son époque. La porte est enfin réouverte. Espérons que certains oseront la franchir.
Le voyage dans le temps demeure un outil science-fictionnel qui fascine pour deux raisons principales : il implique des questionnements logiques et philosophiques contre-intuitifs, et permet aux conteurs ambitieux de transformer leurs récits en propositions métanarratives invitant leur public à se servir de leurs outils culturels pour sonder la structure même des histoires.
États-Unis, 1933. La situation est désespérée. Le crash boursier de 1929 a initié la Grande dépression, plongeant le pays dans des taux de chômage et de pauvreté alarmants. Dans certains […]
S’ils se sont rabibochés depuis, la perspective d’un remake de son Bad Lieutenant (1992) par Werner Herzog n’a pas vraiment ravi Abel Ferrara. Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans (2009) est aussi anarchiquement enjoué que l’original n’était tourmenté. L’un et l’autre se complètent d’une singulière façon.
Le Dos Rouge dresse un état des lieux, passionnant pour qui s’intéresse à l’envers du décor, de l’art de vivre de ceux qui maintiennent la création vivante.
Il y a des films qui vous emportent instantanément, qui vous prennent aux tripes et ne vous lâchent plus. Sicario est de ceux-là. Dès son ouverture, saisissante, le nouveau film de Denis Villeneuve fascine.
La différence entre Park Chan-wook et Spike Lee ? Celle qui sépare, entre deux types énervés, un nihiliste confus d’un rageur à même d’articuler les raisons de sa colère.
Pour Jaco van Dormael, il était pratiquement impossible de faire pire que Mr. Nobody. Avec ce nouveau film, le cinéaste ne parvient toutefois pas à faire mieux.
Au-delà du simple « j’aime » / « j’aime pas », essayons donc de faire l’effort de remonter le cours des sources d’inspirations du réalisateur afin comprendre son projet.
Il y a un miracle McCarey, dans le simple fait que ses films fonctionnent. Qu’ils ne craquent pas, comme les os de Terry se rompent par la faute de son inattention et de son impatience. McCarey est attentionné, patient. Son regard est alerte, vigilant.
En grossissant à la loupe humoristique ses thématiques, I Think I Love My Wife ramène à L’Amour à L’Après-Midi le regard acéré. Comment passer après un chef-d’œuvre avéré ? En l’occurrence en préférant le pas de côté, en ne convoitant même pas la légitimité de l’aîné.
Cette France interdite a beau exister dans la vie des quelques affranchis filmés, le métrage la transforme en courant souterrain englobant le pays entier, formant une alternative aux conventions sociétales et plongeant la France dans un monde plus primal. Ce monde, c’est celui du libertinage, de la déviance et du paganisme ; un monde où l’héritage culturel promeut l’exploration de nouveaux horizons, où le patrimoine du Moyen Âge se fait lieu des violences sado-masochistes, et où la religion n’est plus qu’un vague écho des rituels de magie noire hantant les campagnes reculées.
Cocktail de tout ce qui fait le charme – et donc, dans un même temps, le kitsch – des années 1980, la bande originale de La France Interdite parvient à illustrer, par le son, une multitude d’expressions érotiques.
A Nightmare on Elm Street représente un cas particulier dans l’utilisation des conventions oniriques au cinéma. Wes Craven a en effet construit son long-métrage en jonglant constamment entre les deux mondes – les deux diégèses – afin de brouiller au mieux les repères du spectateur et de renforcer les effets des scènes horrifiques, dont le rapport avec le public sert de fondement même au genre.
Aussi brillant soit-il, difficile de revenir à Panique à Needle Park (1971) après le choc Heaven Knows What (2015)… Bien que le second ne soit pas per se un remake du premier, il en constitue une continuation – et en l’occurrence un dépassement – évidents.